26.09.2006

Indigènes
drame
Film français, sortie le 27/09/2006
Réalisé par Rachid Bouchareb
Avec Jamel Debbouze, Samy Nacery, Samy Bouajila,Roschdy Zem
Durée : 2h08
Lien officiel : www.indigenes-lefilm.com/
En 1943, un groupe de soldats issus des colonies françaises d'Afrique du Nord s'engagent dans les troupes "indigènes" de l'armée française pour sauver "la mère patrie".Comme les autres soldats, ils combattent de l'Italie aux Vosges avant de se retrouver seuls pour défendre un village alsacien. Le film de Rachid Bouchareb revient sur l'héroïsme de soldats oubliés par l'histoire française. Un thème massue qui assure sa caution intello au film avec en prime une bande d'acteurs au jeu intense (voir Jamel Debbouze, surprenant dans un rôle dramatique). Dommage que la mise en scène linéaire de Bouchareb réserve moins de surprises...
17:53
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Depuis un mois, les soutiens aux « 1 000 de Cachan » se succèdent. Lundi, c’est Jamel Debbouze, Samy Naceri et Rachid Bouchareb qui leur rendaient visite.
Le chant des femmes a retenti, lundi, dans le gymnase de Cachan. C’est qu’elles recevaient la visite d’invités surprises, et de marque : les comédiens Jamel Debbouze et Samy Naceri, accompagnés de Rachid Bouchareb, réalisateur du film Indigènes dont ils partagent l’affiche. « On veut des papiers, on veut un logement ! » ont-elles scandé en se regroupant autour des trois hommes, tout sourire, qui battaient la mesure en frappant dans leurs mains. La nouvelle se propage à tout le gymnase. Chacun brandit son téléphone portable pour immortaliser le moment, et pose, rempli de joie, au bras de ses idoles. Soumahoro Issoufou, porte-parole du collectif des « 1 000 de Cachan », les invite à le suivre. Comme l’humoriste qui fait mine de sortir de scène, Jamel se retourne soudain, juste avant de franchir la porte, et hurle : « On veut des papiers, on veut un logement ! » et provoque applaudissements et rire collectif. Le chant des femmes reprend en choeur.
Puis c’est dans une atmosphère plus intimiste qu’ils ont rencontré les six grévistes de la faim. Affaiblis par vingt-huit jours de jeûne, ils n’en ont pas moins accueilli chaleureusement les acteurs : « C’est bien que vous veniez, ça remonte le moral à tout le monde ici. » « C’est une incroyable leçon d’humilité que vous donnez à la France », répond Jamel en leur serrant la main. On les convie à partager un coin des matelas qui jonchent le sol du vestiaire. Un comité, attentif et restreint, prend place autour d’eux. Alors chacun, posément, murmurant presque, expose aux trois hommes ce qu’est depuis un mois le quotidien du gymnase. Les problèmes que tous rencontrent, la promiscuité qui fait naître des conflits dans la grande salle où dorment femmes et enfants, les maladies qui touchent les plus fragiles et leur mauvais accès aux soins. Visiblement émus, Jamel, Samy et Rachid hochent la tête, silencieux.
« On a affaire à un pouvoir qui est sourd, explique Soumahoro Issoufou. Une politique est mise en place pour nous étouffer, pour que nous acceptions l’inacceptable. » « Concrètement, qu’est-ce qu’on peut faire pour vous ? » demande Jamel. « Exercer une pression au sommet de l’État, répond le porte-parole des "1 000". Le président Chirac ne s’est jamais prononcé. C’est un test avant les élections de 2007. » Personne ne dit plus rien. Le regard dans le vide, tous semblent chercher la solution tant espérée au problème. « On nous dit que les expulsés sont des sans-droits, poursuit Soumahoro. Pourtant, mêmes ceux qui n’ont pas de papiers payent des impôts ! » « Comment ? s’indigne soudain Rachid Bouchareb. Vous voulez dire que l’État accepte leur argent ? » Tous confirment. « Mais dans quel pays vit-on ? »
« On va faire de la télé pour la promo du film : on va parler de vous, on va le gueuler à qui veut l’entendre ! » concluent les trois hommes. Puis, après avoir embrassé tout le monde et eu un petit mot pour chacun : « On est venus vous dire qu’on est de tout coeur avec vous. Si ça chauffe, appelez-nous, on viendra avec des fourches ! »
l Demain, dans l’Humanité Dimanche, entretien avec les cinq acteurs d’Indigènes.
Sarah Kerjean
http://www.humanite.presse.fr/journal/2006-09-20/2006-09-20-836992
17:47
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La France pourrait décider prochainement de revaloriser les pensions versées aux ex-combattants des colonies pour tendre «vers la parité» avec celles versées aux ex-soldats français. C'est ce qu'a annoncé dimanche le ministre délégué aux anciens combattants, Hamlaoui Mekachera.
Retour C'est après avoir assisté avec Djamel Debbouze à une représentation du film «Indigènes» que Jacques Chirac a décidé de réparer l'injustice faite aux anciens combattants de l'armée coloniale
Le gouvernement français refuse toujours d'appliquer l'égalité de traitement pour les pensions malgré les condamnations par le Conseil d'Etat, en 2001, pour discrimination en violation de la Convention européenne des droits de l'Homme. La loi dite de décristallisation ou de revalorisation ne met pas fin à cette injustice et n'apporte que des avancées minimes au niveau financier.
Ce sont environ 34.000 Marocains, dont 20.000 anciens combattants, 8.000 invalides et 6.000 veuves qui demandent la mise en œuvre rapide de cette promesse de valorisation des pensions.
Et c'est la sortie en France d'«Indigènes» qui a relancé la demande d'égalité des pensions versées par la France aux anciens combattants français et à ceux des colonies. Enrôlés de force dans l'armée française, ils perçoivent aujourd'hui une pension militaire dix à vingt fois plus faible que celle des vétérans français. Le montant se situe entre 66 à 150 euros par trimestre.
El Mahjoub Rouane
Source : Le Matin
17:46
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15.06.2006
Lundi 29 mai 2006
Jamel Debbouze, une concentration qui paie dans Indigènes
Le film Indigènes a été accueilli chaleureusement par la critique réputée acerbe de Cannes et la performance de l'acteur a été saluée.
Co-producteur du film, Jamel Debbouze a dit s'être particulièrement concentré pour le rôle de soldat nord-africain qu'il y a incarné aux côtés de Samy Nacéri, Roschdy Zem et Sami Bouajila sous la direction de Rachid Bouchareb.
Le budget du film n'a pu s'élever qu'à 14,5 millions d'euros, alors qu'il en nécessitait 22 au départ, car personne n'y croyait. Jamel Debbouze commente auprès du Parisien : "Quand je pense que pour lesDalton, on a réussi à lever plusieurs millions d'euros en trois heures et demie, alors qu'on a mis trois ans à boucler le budget d' Indigènes, qui n'atteint même pas le quart, je trouve le système injuste. C'est très dommage que des mecs aussi talentueux que Rachid, avec des idées aussi belles, aient autant de mal à réaliser des films !"
Malgré le succès du film sur la Croisette, il n'a reçu qu'un prix d'interprétation collectif au palmarès de Cannes qui a récompensé, entre autres, Le Vent se lève de sa palme d'or, Flandres de son grand prix et Volver d'un Prix d'interprétation féminine collectif et du Prix du scénario.
http://www.actustar.com/
00:02
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20.05.2006
À l'instar du rappeur Joey Starr, de Zinedine Zidane ou de son ami comédien Roschdy Zem, Jamel est devenu un modèle pour les jeunes « rebeus ». Mais comme nous le disait récemment Roschdy Zem : C'est comme si tu gagnais au Loto, il y en a un sur un million. Des Jamel Debbouze, il y en a un par génération. À plus de 28 ans, Jamel l'a jouée assez finaude pour ne pas être cantonné dans ce rôle d'ambassadeur des banlieues et devenir populaire parce qu'il s'est intelligemment diversifié.
Trois ans après sa naissance, la famille Debbouze part s'installer au Maroc. Mais le séjour sera de courte durée. En 1979, et après quelques mois à Paris, Jamel et les siens aménagent définitivement à Trappes, dans les Yvelines. C'est là qu'il fera le dur apprentissage de la condition de jeune beur de banlieue. Mais, au lieu de se plaindre et de larmoyer sur son sort, Jamel découvre le plaisir des planches grâce à un éducateur du centre théâtral de Trappes, qui l'initie à des stages d'improvisations.
À 14 ans, c'est le drame. Un accident de RER le prive définitivement de l'usage de son bras droit. Mais Jamel a une volonté en béton armé. Il sait qu'il a trouvé sa voie avec le théâtre. Il sait aussi, depuis qu'il a terminé finaliste au championnat de France d'improvisation, qu'il tient le bon bout. Sans se démonter, il squatte les cafés-théâtres parisiens. Après de premiers débuts au cinéma devant la caméra de Nabil Ayouch pour le court métrage « Les pierres bleues du désert », Jamel est remarqué par le fondateur du magazine « Actuel » pour tenir une chronique quotidienne sur Radio Nova.
Debbouze a à peine vingt ans qu'il essore déjà les planches avec un premier one man show intitulé « C'est tout neuf ». C'est le début de la grande aventure. Entouré précieusement par sa famille et par ses fidèles potes, Jamel poursuit son irrésistible ascension en acceptant de rencontrer un public de concerts en se produisant en première partie de Tonton David.
En 1997, le truculent ludion déboule sur Canal + avant de s'embarquer en compagnie d'Eric et Ramsy sur le sitcom « H ». Le reste appartient désormais à l'histoire, façon de parler. Son deuxième spectacle « Jamel en scène » fait un malheur pendant qu'il récidive au cinéma où, après « Zonzon », il enchaîne avec « Le ciel, les oiseaux et ta mère ». Son rôle attachant de l 'épicier Lucien dans « Le fabuleux destin d'Amélie Poulain » le fait connaître dans la France entière, même si, nous l'écrivions plus haut, c'est son personnage de Numérobis dans « Mission Cléopâtre » qui assied définitivement sa popularité.
Mais Jamel n'a pas oublié d'où il vient. L'homme a du cœur et, en fan de foot, rachète en compagnie de son ami Nicolas Anelka le club local. Jamel peut être extrêmement bien payé, il ne veut pas soutenir tout et n'importe quoi.
Son nouveau spectacle (voir encadré) « Jamel, 100 % Debbouze » affiche complet dans l'Hexagone. Les raisons de son succès ? Une authenticité incontestable, un réel talent, un sens de la mise en scène inné et surtout une verve drolatique et inspirée. Mais plus qu'ailleurs, c'est surtout sur scène que Jamel Debbouze fait son devoir de citoyen. En essayant de faire réfléchir, de secouer le cocotier et d'éviter, ainsi, la grisaille et la morosité ambiante : Heureusement que je fais ce métier, dit-il, parce que c'est rassurant de voir dans la salle ce qui se passe. J'ai un public de 7 à 77 ans, grâce, entre autres, à « Astérix ». Tous les âges, pratiquement, toutes les origines, et tout le monde est super réceptif de la même manière. J'ai le sentiment que ça bouge, malgré tout. À Montpellier, il y a une dame qui m'a dit : « Vous m'avez donné envie d'arrêter de voter Front national ». C'est ma plus grande fierté. Je l'ai raconté partout. Là, d'un coup, tu as le sentiment que tu as fait ton boulot.•
16:05
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06.05.2006
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Alors T'aImes L'BloG a sOpHI oU paS ??!!
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LAChEZ VoS CoMs PoUr SoN BlOg . SiGné JamEL (C Bo Les ReVes)
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www.jameldebbouze.fr , voici son nouveau site officiel , il es SUPERBE ya pas dotr mot!!!
16:46
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01.05.2006
13:13
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27.04.2006
WaOoOuH !!! :P
VeRsiOn "oO7" C'eSt MaGniFiQuE !!! ^^
ArF !!!
Ca FaiT pLiZzZiR !!! :)
NaN !?!
JaMeL yOu ArE wOnDeRfUl !
14:35
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25.03.2006
Astérix & Obélix : Mission Cléopâtre est une comédie française sortie en 2002 réalisé par Alain Chabat.
Synopsis
Cléopâtre, la reine d'Égypte, décide, pour défier l'Empereur romain Jules César, de construire en trois mois un palais en plein désert. Si elle y parvient, celui-ci devra concéder publiquement que le peuple égyptien est le plus grand de tous les peuples. Pour ce faire, Cléopâtre fait appel à Numérobis, un architecte d'avant-garde plein d'énergie. S'il réussit, elle le couvrira d'or. S'il échoue, il sera jeté aux crocodiles.
Numérobis, conscient du défi à relever, cherche de l'aide auprès de son vieil ami Panoramix. Le druide fait le voyage en Égypte avec Astérix et Obélix. De son côté, Amonbofis, l'architecte officiel de Cléopâtre, jaloux que la reine ait choisi Numérobis pour construire le palais, va tout mettre en œuvre pour faire échouer son concurrent.
Fiche technique
Titre : Astérix & Obélix : Mission Cléopâtre
Réalisation : Alain Chabat
Scénario : Alain Chabat d'après la bande dessinée de Goscinny et Uderzo : Astérix et Cléopâtre
Musique : Philippe Chany
Date de sortie : 30 janvier 2002
Film français
Format : inconnu
Genre : Comédie
Durée : 1h 47
Tout public
Distribution
Christian Clavier : Astérix
Gérard Depardieu : Obélix
Jamel Debbouze : Numérobis
Monica Bellucci : Cléopâtre
Gérard Darmon : Amonbofis
Alain Chabat : César
Claude Rich : Panoramix
Édouard Baer : Otis
Dieudonné : Caius Céplus
Isabelle Nanty : Itinéris
Jean Benguigui : Malococis (« mal au coccyx »)
Marina Foïs : Sucettalanis
Édouard Montoute : Nexusis
Chantal Lauby : Cartapus
Noémie Lenoir : Guimieukis (« gimme a kiss »)
Bernard Farcy : Barbe Rouge
Mouss Diouf : Baba
Emma de Caunes : Secrétaire deCésar
Caméos
Pierre Tchernia : Narrateur + centurion ??
Jean-Pierre Bacri : Commentateur langouste
Mathieu Kassovitz : Physionomiste
Autour du film
La bande dessinée a fait l'objet d'une première adaptation, en dessin animé en 1968 par Goscinny et Uderzo eux-mêmes : Astérix et Cléopâtre
02:55
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DEBOUT(ZE) LES DAMNÉS DE LA TERRE !
À Clichy-sous-bois, le 20 décembre, venus prêcher l’inscription sur les listes électorales, Jamel Debbouze et Joey Starr se sont faits interpeller. Pas par la police. Par des jeunes : "j’aimerais savoir pourquoi vous n’étiez pas là avant, pourquoi quand les gens d’ici voulaient faire des choses avec vous, vous aviez toujours "pas le temps"… je n’ai pas vu un seul d’entre vous pendant les événements de Novembre". Réponse du rappeur : "T’as la haine, t’es plus en mesure d’entendre ce qu’on a à te dire".
Aie ! Si deux personnalités semblaient en mesure de dialoguer avec ce public-là, c’étaient bien Jamel et Joey Starr. Eh bien non ! Plus personne ne représente personne. Pas de porte-parole, pas de coordination, ni tribun de la plèbe, ni médiateur suprême. Que faire ? En 1998, les Bleus ont pu figurer une métaphore glorieuse de la France black-blanc-beur. Mais ensuite, à part les pubs de Zidane… Après l’utopie associative des années 80, après l’utopie Stade de France des années 2000, le show-biz d’aujourd’hui, enfant de Canal + et du rap, fera-t-il mieux ?
Ils sont méritants, Jamel et Joey, d’aller convaincre que le salut des cités passe non par des actions violentes mais par les urnes. Car, jour après jour, on voit les incroyables retombées politiques des actions "débiles" des novembristes (voitures en flammes, écoles brûlées etc.) : les Antilles refoulent Sarko, la loi pro-colons du 23 février 2005 prend le chemin de la poubelle, les beurs du PS demandent un peu plus de considération et de fromage à Hollande.
Expliquer qu’on peut obtenir autant par le bulletin de vote et les questions orales de l’Assemblée,qu’il faut laisser aux oubliettes un slogan tel que "élections pièges à cons", ce n’est pas gagné !
Heureusement, Sarkozy est là. Contre les Debbouze, Starr, Thuram, Kassowitz et même Luc Besson, le ministre de l’Intérieur s’agite avec la finesse qui fait son charme. Thuram ? "Il vit en Italie avec un salaire qui le regarde". Besson ? "Il est toujours très poli quand il demande une autorisation pour filmer sur le périphérique". Sarkozy, un homme, une vision… Contre cette racaille médiatique, il prépare une "liste de vedettes qui feront le jour J leur "outing" en faveur de l’UMP", révèle Le Figaro (22/12). Outre les classiques Clavier, Reno, Barbelivien et Delon, il paraît que Depardieu va outer comme une bête et confesser en public son sarkozisme, ainsi que Monica Belluci (bonjour La Haine avec Vincent Cassel ?). C’est le choc des banlieues : Neuilly-sur-seine contre Clichy-sous-Bois. Le risque de cette démocratie showbizienne, c’est qu’elle se termine par une soirée spéciale à la télé, avec Arlette Chabot et Alain Duhamel échangeant leurs dentiers en direct du Buffalo Grill de Clichy-sous-Bois.
from:http://www.lesamisdugrigri.com/
02:15
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Après la désastreuse tentative de Zidi, Claude Berri a choisi de faire peau neuve et de mettre Alain Chabat aux commandes de cette superproduction, histoire de rafraîchir le comique à la papa de Goscinny en lui insufflant une bonne dose d’humour "Nul". Ecrit par Chabat lui-même, fort d’un casting qui réunit tous les comiques valides du moment, Mission Cléopâtre est un produit hybride, singulier dans le paysage cinématographique. En effet, c’est une sorte de melting-pot audiovisuel. Les stars de la télé s’y bousculent, et Canal, il fallait s’y attendre, s’y taille la part du lion. Mais c’est aussi le havre de tous les déshérités de la comédie française, bien mal en point depuis quelques années. Vaste banquet de la profession, Mission Cléopâtre abolit les frontières entre les différentes contrées de la culture populaire et cherche à réconcilier les générations : à l’univers d’Uderzo-Goscinny (ici réinventé et en fin de compte mieux respecté que dans le film de Zidi) se joint le comique télévisuel de Chabat et de tout son star-system, ainsi que les valeurs sûres de l’humour populo, héritiers déjà lointains du Splendid.
Ainsi, les facéties de Jamel et les monologues déjantés d’Edouard Baer côtoient quelques anciens (Gérard "has never been" Darmon, et Claude Rich, grimé en Panoramix et dont la fin de carrière est inquiétante pour sa postérité). On retrouve bien sûr l’inévitable duo de choc, les irréductibles "visiteurs", ici mieux nommés que jamais. En effet, le tandem Clavier-Depardieu, parachuté par la production, se contente de quelques pathétiques apparitions, sur lesquelles Chabat -et c’est tant mieux- n’a pas souhaité renchérir. La première moitié de Mission Cléopâtre, riche en trouvailles chabatiennes, fonctionne sur une série de décalages plutôt réjouissants. Ainsi piratée, l’énorme production montée par Claude Berri devient un vaste terrain de jeu où chacun fait son tour de piste. L’ex-Nul prête sa diction débonnaire et sa silhouette ectoplasmique à César, et s’offre comme partenaire Monica Belucci, dans la rôle de la reine Egyptienne. Le scénario repose sur un pari stupide entre eux, dont l’architecte Numérobis (Jamel Debbouze) fait les frais : il doit construire un palais en moins de trois mois, et démontrer à César que les Egyptiens sont encore des maîtres en la matière. Incapable de tenir ce délai, sous la menace de la reine et d’un concurrent jaloux, il se rend en Gaule pour solliciter l’aide des irréductibles Gaulois et de leur potion magique. Les clins d’oeil fusent, comme les vannes décalées et les incontournables jeux de mots sur les noms propres. Chabat n’a rien perdu de sa verve, les fans y trouveront leur compte.
Mais ils seront aussi forcés de reconnaître que l’humour "Nul" n’a jamais fait merveille sur grand écran. Tout comme dans La Cité de la peur et Didier, le comique s’essouffle, les idées se raréfient, et l’ensemble, répétitif et potache, perd peu à peu son originalité. Certes, Mission Cléopâtre marche d’avantage sur les traces des Monthy Python et de La Vie de Brian que sur les précédentes réalisations de Chabat. Mais avec ce budget colossal et visant trop ouvertement le succès, le film s’égare dans le grand spectacle et souffre d’un ton dilué et démago. L’ennui pointe son nez dans la deuxième moitié du film : il n’y a plus d’acteurs, mais seulement des comiques, incapables de tenir la longueur (qui a envie de voir Jamel Debbouze gesticuler pendant une heure et demie ?). La leçon est bonne à tirer, une fois pour toutes, quelque soit le succès de Mission Cléopâtre : les ressorts télévisuels au cinéma enfantent de bons produits, mais rarement de bons films.
from:http://www.chronicart.com/
02:15
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